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Initiation à la médecine africaine

Après avoir suivi un enseignement très exigeant, Yvette Parès fonde avec son Maître l’Hôpital de Keur Massar. Cette expérience lui fait découvrir l’extraordinaire somme des richesses thérapeutiques du Sénégal, qui ne sont pas figées. A la fois médecins et pharmaciens, les thérapeutes expérimentés savent prendre des initiatives pour proposer des solutions nouvelles et personnalisées à leurs patients.

Ecoutez l’enregistrement (23 mn)

MP3 - 32 Mo

Extraits

"L’enseignement de Daddi Diallo a commencé. Nous sommes allés en brousse pour récolter des plantes. Quand nous en avons accumulé suffisamment, il m’a montré comment les utiliser.

Les premiers médicaments prêts, nous avons loué des maisons dans les villages environnants pour recevoir les patients mais les populations locales nous ont rejetés. Nous avons trouvé une maison isolée près du village de Keur Massar, en pleine brousse, où nous ne dérangions personne. Ce fut le début de l’Hôpital de Keur Massar... Le centre de soins antilépreux a démarré et pris de l’ampleur : plus de 250 malades qu’il fallait nourrir, loger, soigner... Quatre autres thérapeutes nous ont rejoints.

Des patients venaient de tous le pays, pour d’autres maladies que la lèpre. J’ai pu constater le remarquable savoir thérapeutique des Maîtres : nous avions un spécialiste des hépatites, un autre en gynécologie... Certains traitements permettaient d’éviter des interventions chirurgicales.

Le savoir médical en Afrique est secret et ne se donne pas à n’importe qui, il est transmis avec beaucoup de sagesse et de sévérité. Daddi Diallo m’a montré un autre façon de soigner, de regarder l’univers... une médecine qui réunit l’âme, le corps et l’esprit.

La thérapeutique africaine n’est pas figée : beaucoup d’initiatives sont possibles quand on a de l’expérience. Ces initiatives, nous les avons prises pour traiter les premiers malades du sida : nous avons mis au point des formules qui ont sauvé un certain nombre de personnes. Le thérapeute, avec son intelligence, est créatif devant des situations inédites.

L’initiation à la médecine africaine est très exigeante. Le Maître vous soumet à de rudes épreuves. Le disciple n’a le droit de parler qu’après avoir atteint une certaine maturité, il doit respecter strictement le Maître et la nature. Si on peut et veut être un thérapeute de haut niveau, il faut 15 ans d’enseignement du Maître.

En Afrique, le thérapeute connaît toutes les plantes, les lieux où on les trouve, il est très bon pharmacien pour préparer une multitude de médicaments ; il doit savoir examiner les malades et faire des diagnostics. J’ai eu la chance d’avoir 5 Maîtres et de constater l’extraordinaire somme de richesses thérapeutiques du Sénégal. Certaines femmes aussi sont éminentes.

Il serait temps que l’Afrique se réveille !"

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Le jardin botanique de l’Hôpital de Keur Massar

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