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La médecine traditionnelle
du Sénégal

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit ainsi la médecine traditionnelle : la somme totale des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et qui sont utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé ainsi que pour prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales.

Médecine familiale et médecine experte

A travers la médecine traditionnelle, l’être humain cherche à maîtriser sa vie et à s’affirmer dans son environnement.

Elle peut être subdivisée en médecine familiale et médecine experte. La médecine familiale est l’ensemble des recettes accessibles à tous pour un soulagement rapide d’affections bénignes. La médecine experte désigne le champ des recettes très élaborées et complexes qui constituent les traitements appliqués aux maladies graves.

La médecine traditionnelle sénégalaise pratiquée aujourd’hui

L’observation lucide de la médecine traditionnelle, telle qu’elle est pratiquée de nos jours, révèle qu’elle n’est pas, comme on a tendance à le croire, un concept ésotérique, figé dans le temps et dans l’espace. Sous l’influence principale des facteurs démographiques qui ont contribué à alourdir le travail du guérisseur (nombreuses consultations, besoins accrus en plantes) la fonction du guérisseur a « éclaté » en diverses professions. Cette fonction qui, au début, regroupait celle de pharmacien (recherche des produits de base et élaboration des thérapies) et celle de médecin (consultation et prescription de médications) est en train de susciter de nouvelles spécialisations telles que celle d’herboriste, qui se développe.

Cette évolution, préconisait le Dr Yvette Parès, devrait être prise en compte par les États, pour ne pas dire assistée dans le cadre d’une intégration de la médecine traditionnelle dans le système officiel de la santé publique. La sécurisation de sa pratique est à ce prix, d’autant que les statistiques montrent que 85 % des populations ont recours à la médecine traditionnelle. Plus encore qu’en médecine dite moderne, l’automédication et l’usurpation de fonctions sont de redoutables menaces.

L’exemple de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar

L’accueil à l’Hôpital sert de pôle d’orientation aux patients qui sont dirigés vers un guérisseur selon leur maladie : chacun a sa spécialisation, du psychiatre au dermatologue. Après la consultation, les patients se rendent à la pharmacie qui délivre des médicaments confectionnés d’après les recettes d’Yvette Parès, la fondatrice de l’Hôpital. Cette gamme de traitements médicaux est élaborée dans l’esprit et la lettre de la médecine africaine multiséculaire. Ces phyto-médicaments ont par ailleurs le mérite de contribuer à bâtir les fondements d’une indépendance pharmaceutique de l’Afrique.

A Keur Massar, les plantes sont récoltées, débitées, séchées puis réduites en poudre pour être stockées dans le laboratoire. Elles proviennent de trois sources d’approvisionnement : le jardin botanique de l’hôpital, le marché, les vergers environnants ainsi que la brousse. A partir de ces plantes, le laboratoire de l’Hôpital produit une quarantaine de médicaments à la composition souvent complexe, dont certains disponibles sous différentes formes : poudre, tisane, sirop, pommade...

Les médicaments élaborés à l’Hôpital de Keur Massar


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